"Au Devant de la Vie" à Saint-Etienne

Ouverture publique de l'atelier d'interprétation de 2e année dirigé par Marion Aubert et Marion Guerrero

 

Le Samedi 14 Décembre à Saint-Etienne.
 
 

Descriptif

On devait travailler sur le front populaire. Le 6 février 1934. Les émeutes. Les congés payés. La revalorisation des salaires. On a lu des livres d’histoire. Ecouté des chansons de l’époque : "Qu’est-ce qu’il faut pour être heureux ?" "Boum / Quand notre cœur fait Boum / Tout avec lui dit Boum / Et c'est l'amour qui s'éveille." On a regardé des films de propagande. On a parlé de l’avortement. Des tricoteuses. De la joie sur les visages. On a écouté "Mohamed mouche à merde, nous ne voulons pas de toi. Mohamed mouche à merde, on va te ramener chez toi." On a regardé "La grande Illusion". 
J’ai pensé appeler la pièce "La grande Confusion" (en vérité, l’idée m’a été soufflée par Marion). 
On a fait des impros. On a tenté de faire la révolution dans l’école. Manon est allée faire des discours sur les places de Saint-Etienne. Personne ne s’en est rendu compte. On a ramassé des poires sur le marché. J’ai listé des questions : Qu’est-ce que c’est que l’espoir ? Qu’est-ce que c’est que de s’inventer des vies nouvelles ? Qu’est-ce que c’est que de sentir quelque chose possible ? C’est quoi le sentiment d’injustice ? C’est quoi avoir peur pour ses enfants ? D’où ça nous vient ce climat là d’inquiétude ? De haine ? De suspicion ? Comment ça se fabrique, le fascisme ? Qu’est-ce qui se passe à l’intérieur des corps ? On a parlé de la passion. De la peur qui s’insinue l’air de rien. Du collectif. De la solitude. Des chœurs. On a regardé la photo d’August Landmesser, l’homme qui refusa de faire le salut nazi, au milieu d’une foule à l’unisson, un jour de mai 1936. On a parlé de nos approximations. On a parlé du poids du réel. De la lourdeur. On a tenté de désépaissir le réel par le théâtre. On a tenté de s’écouter. De se regarder. De dire des choses ensemble en même temps. D’avoir les corps au même rythme. On a tenté d’être à la fois en 2013 et en 1936. On a tenté de s’approprier les gestes des autres. L’imaginaire des autres. D’être délicats et furieux. On a tenté d’éclairer nos propres désordres. On a chanté "Prenez garde, prenez garde / Vous les sabreurs les bourgeois les gavés / V'la la jeun' Garde, v'la la jeune Garde / Qui descend sur le pavé". On a dansé sur "Mao Mao". Tibor a fait des morts avec des patates. Gaspard a fait des frites avec les patates de Tibor. On a recyclé. Finalement, on n’a pas vu "L’affaire Stavisky". On l’a acheté pour rien. On a tenté de saisir des choses que nous avions en commun. Tenté de nommer les colères que nous ne partageons avec personne. Les trucs minables. On a fait une révolution pourrie. On a parlé des armes que les suisses cachent sous leur matelas. On n’a pas fait trop les malins. On a tenté d’aller vers des fictions. Pendant ce temps, le tireur fou a semé la panique dans les rues de la Capitale, sur nos écrans de télévision. A Saint-E, on a fêté la victoire des Bleus contre l’Ukraine. On a eu froid. On a parlé de la cruauté et des grâces de l’humanité. On a parlé de nos propres dérives. On a parlé de ceux qui ne trouvent pas leur place. Qui ne savent pas où se mettre. Qu’on ne sait pas bien où mettre. Les 26 ont travaillé avec beaucoup de générosité, de pertinence, de désir. Nous avons tenté de donner la parole à chacun. 

Marion Aubert

Equipe

Avec Marion Aubert et Marion Guerrero

 

Avec les élèves de 2e année (promotion 26) de la Comédie de Saint-Etienne: Julien Bodet, Thomas Jubert, Gaspard Liberelle, Aurélia Lüscher, Tibor Ockenfels, Maurin Olles, Pauline Panassenko, Manon Raffaelli, Mélissa Zehner.

 

Informations pratiques

Samedi 14 décembre 2013 à 20h

Ateliers Jeanne Laurent - 17 rue Étienne Dolet - Saint-Étienne

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles / réservation obligatoire

 
Renseignements et réservations : 04 77 25 12 98

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